Puerto Vallarta
Caricature du Mexique, « PV » comme on l’appelle, cumule tous les clichés de la station balnéaire pulpeuse, populeuse et populaire. Terrain des « tout compris » vendu à la criée dans les agences de voyages à bas coûts, « on » y vient 7 jours bronzer, picoler et faire la fête forts d’arguments massifs:
- 365 jours de soleil sans pluie,
- plages sables blancs
- Croisette élégante
- Bars hurlants;
- Boites de nuit;
- Supermarchés du souvenir made in loin de là
- Quartier LGBTQIA+ méga populaire (la zona rosa);
Partout les immeubles copulent, les chantiers pullulent. L’urbanisation galope grignotent le littoral à coups de 35 étages. C’est moche comme chez Moche.
Des bateaux de croisières s’y croisent, spectaculaires!18 ponts battant pavillon norvégien, danois, italien se relaient sur les quais dédiés tous les deux jours. Gros comme ça, ça fiche le vertige d’en bas.
Sur la croisette et en bord de mer, les achalant font la promo de bouffonneries aussi bruyante que polluantes…
- 20mn de Jet ski,
- 12mn de parachute ascensionnel,
- un quart d’heure de hors-bord,
- une matinée de « pêche au gros »
- la visite en troupeau des îles marieta
Je dois en oublier… Ha si! plus calme quand même, « PV » est un chouette spot de surf et de plongée subaquatique.
Présenté comme ça, tu dois te dire « mais qu’est-ce qu’il fiche là!
Attends je t’exlique après
Quoi faire à PV?
Mon avis?
Le mieux est de s’enfuir vers l’intérieur des terres, Guadalajara, les pueblos magicos comme Guanajurato, Valle de Bravo ou d’aller vers les volcans de Colima ou Paricutin etc…
Si vous n’avez qu’une semaine de vacances, je vous dirais d’exploiter les proches alentours oubliés, par définition plus tranquilles.
Promenades-randonnées courtes qu’offre l’arrière-pays. Une cascade par ici, un ranch par là, une passerelle déglinguée un peu plus loin.
Parce, « c’est pas pour me vanter » mais après 20mn de bronzing pile + face, je m’emm… grave sur la plage-soleil hurlant face à un océan dans lequel il n’est pas même facile de se baigner vu la violence de la houle.
Wikiloc, l’application de randonnée
J’utilise Wikiloc depuis la Colombie. cette application affiche avec précision les randonnées et itinéraires de montagne, elle m’est précieuse.
Puerto Vallarta n’a pas que des défauts, son environnement immédiat c’est un relief escarpé qui en quelques km monte à 1600m d’altitude.
Pour me sortir de la ville, je dégotte une paire d’itinéraires dont les prétextes sont des chutes aqueuses qui, faute d’être les plus spectaculaires du monde promettent au moins une certaine tranquillité, de la fraicheur et un peu d’action pour les rejoindre.
La cascade de Palo Maria
Après 45 minutes de bus urbain en direction Mismaloya et Los Arcos, il faut débarquer à l’hôtel Garza Blanca (très facile à suivre avec l’App Maps.me).
Le sentier remonte le torrent pendant une petite heure hésitant entre le cours quasi à sec et des traces qui hésitantes, serpentent d’un bord à l’autre jusqu’à la retenue.
Il s’agit bien de négocier quelques pierres ici et là mais rien qui incite vraiment à fouetter un chat. La nature est pleine de verts, végétation tropicale pur porc,
En cours de route, nous croisons une bande de jeunes (pas loin d’une centaine) chargés de poubelles pleines, de tuyaux coupés, de détritus en tous genre et autres pollutions endémiques. Vertueuse opération de nettoyage ils tentent de rendre un peu de dignité au torrent. Nous les saluons et les félicitons chaudement.
Naturellement, parvenus à la chute, on aurait préféré à défaut d’être seul, au moins ne pas tomber sur un pique-nique bidochons-radio-à fond et occupation insistance du spot photo.
d’un autre coté, les cheveux rouges de la dame apportent du peps à la photo, on se console comme on peut.
À quatre blocs de la mer
Il reste quelques morceaux de Mexique à Puerto Vallarta, il faut juste s’éloigner un peu du bord de mer pour en profiter:
- les fruiteries locales,
- les petites bodégas aux produits locaux,
- les vendeurs de rues (fruit épluchés, jus frais, tacos à la va-vite),
- les rues pavées où s’amusent les gamins sans crainte des autos,
- les bars aux fonds sonores de trompettes criardes,
- les vrais marchés locaux,
ceux qui vendent le poisson au prix de la criée et la viande cernée par les mouches. Les marchés où tu manges des chilaquilles cuisinés par une mamita sur-ridée qui prend le temps de te mitonner sa sauce et rouler ses ingrédients dans des galettes de maïs fraiches sorties de la boutique voisine.
Ouf! Evelyne apprécie.
La croisette
J’appelle croisette tous les bords de mer aménagés pour la promenade touristique.
Il faut reconnaitre qu’il n’est pas désagréable les arpenter en trainant les sabots.
À Puerto Vallarta, la promenade déroule ses saveurs et offre aux sens disponibles:
- Des embruns iodés sur la droite et le graillon de fast food à gauche pour l’olfactif;
- Un caressant roulis de la houle coté mer et la techno hurlante coté commerces pour l’auditif;
- Un horizon plein d’ivresse vers la mer et des vitrines criardes aux pubs les plus basiques pour le visuel. plein de sensations c’est certain.
Je me moque, c’est un peu facile…
Un élément sympa vient pourtant rattraper cette croisette sur fréquentée. Tous les cent mètres une sculpture originale rythme la promenade et impose une pause contemplative.
Élégantes œuvres d’art, ces statues sont prétextes à dégainer à minima le photophone, au pire les gros Nikon (ils se font rares).
Et en avant la recherche du meilleur angle selon l’heure et le soleil, ou une idée de pose moins ordinaire (j’aime chercher). En avant la patience pour que la cible soient dégagée de la concurrence .
Sayulita
Sayulita
Sayulita est une ville bohème de l’état de Nayarit, à 40 km au nord de Puerto Vallarta. Port de pèche, place de surfeur, le village tourne au repère bohème friqué, bien trop cher pour moi.
Chance inouïe, j’y étais ( par hasard) le jour de la fête annuelle du village, rancheros et mariachis avaient barre sur la place centrale.
Les premiers exhibent leurs traditions de dresseur de chevaux. Génial. Les seconds tentent de jouer plus fort que l’orchestre voisin distant de 6m. Cacophonique si t’es à 3m !
Plage « cachée » à une heure de PV
Sise entre la Sierra Madre occidentale et l’océan Pacifique, les guides touristiques mentionnent un « trésor caché ».
Arguments:
- Port de pêche, cartes postales de bateaux amarrés sur le plage garantie;
- Spot de surfeurs blonds en quête de la vague alpha;
- Repère de yogistes (ou yogueux?), les stages « mange-prie-aime » pullulent boboïsant le village.
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Sayulita fut longtemps un village tranquille, maisons en bois aux toits en feuilles de palmiers, les péones travaillaient à l’extraction d’huile de coco qu’ils distribuaient aux villes alentours par bateaux. Cela un reste un produit mais de luxe emballé dans de jolies gourdes gainées de cuir, fioles élégantes de verre colorées ou pots de terre peints sur place par autant d’artistes que sur la place du tertre.
Le village a épaissi, il attire autant les mexicains en week-end que les voyageurs en quête zen exotique. heureuse alternative à Puerto Vallarta, Sayulita c’est une clientèle plus sage et des construction qui ne dépassent pas deux étage ( trois au Québec).
Il garde par là, une certaine son authenticité et des vues « imprenables » sur la mer. L’atmosphère est chaleureuse et décontractée. Cool quoi!
La fête annuelle de Sayulita
Les îles Marietta
sont à ne pas rater dit la brochure, c’est pourquoi je les ai évité en priorité.
« Pour partir à la découverte de Sayulita. Uniformes, ces îles regorgent de vie marine sauvage. Créées il y a des milliers d’années par les volcans, Islas Marietta sont l’un des endroits les plus étonnants pour se détendre toute une journée et partir à la découverte de Sayulita. De décembre à mars, vous apercevrez peut-être quelques baleines grises lors de leur migration annuelle. »
Evelyne
Evelyne fut l’une des trois personnes sur 11 à avoir répondu à un courriel mis en pature à tous les Comités d’Administration du complexe immobilier que j’habite.
Problématique commune:
- Les12 façades arrieres prennent l’eau,
- L’ossature de bois pourrit tranquillement
- Perspective de 200 000$ de travaux par adresse…
L’idée d’un recours collectif perdu d’avance contre le constructeur avait germé ici ou là, il s’agissait de voir qui des 12 copropriétés était prêt à jouer le jeu…
Devenue ma voisine favorite, j’ai au fil de quelques sobremesa*, égrené « ma-vie-mon œuvre… « , plûtot mon mode de vie… dont on peut afirmer que s’il ne convient pas au quidam moyen, propulse quand même l’imagination d’un grand nombre…(avouez…)
Elle avait dit « j’aimerais bien pouvoir te rejoindre, prendre quelques jours pour couper l’hiver ». J’avais répondu « Ok j’arrangerai la logistique pour que cela ressemble à des vacances ».
Bien que techniquement le travail à distance lui permette cette escapade, je n’y avais guère cru, je ne suis pas sûr qu’elle y croyait elle-même.
Voilà qu’à la mi février, Paf! elle investit dans un Montréal / Puerto Vallarta avec une perspective de 10 jours de farniente.
Stupéfaction!
Après lui avoir transmis à distance l’art de boucler un sac de 6 kilos quelque soit la durée d’un voyage, je rejoins la station balnéaire à la hâte et réserve un appartement de confort intermédiaire qui j’espère sera digne de son rang (secrétaire de direction, minimalement vagabonde).
Note *
Sobremesa: pas d’équivalent en français = « moment après le repas où l’on reste à table à discuter. »
« ma-vie-mon œuvre… » est une référence humoristique directe à Siné « ma vie, mon œuvre, mon cul »