Si j’avais voulu évoquer la pluie à chaque fois qu’elle s’est imposée au cours de mes périgrinations en Colombie, de nombreux paragraphes apparaîtraient détrempés, redondants et manqueraient probablement d’humour.
Je vais aborder le sujet ici une fois pour toutes.
Dans les provinces du café en Colombie
Que ce soit:
- durant le carnaval de Riosucio au Caldas, puis
- à Palestina dans la plantation de Gustavo et Diana,
- à Santa Rosa cabal ou Armenia chez son cousin Jaïme,
- dans le canyon de Combeima (Ibague)
Les précipitations n’ont céssé de contrarier mes projets de randonnées dont celui phare de ce voyage: l’ascension du Tolima (5200m). Rares furent les jours sans averse. Une semaine de patience à Ibagué, n’a pas suffit. Le dieu précolombien de la pluie n’a jamais entrebâillé la fenêtre météo propice à cet assault, méchant Chaac!
À moins que ce ne soit El Niño, cette configuration climatique à consonance hispanique bien qu’il prenne naissance en Papouasie…
On va résumer avec ça avec un copier-coller, attention prenez votre respiration:
« Au large de la Papouasie, dans le Pacifique, les alizées faiblissent, s’inversent et poussent cette anomalie chaude de l’Australie vers l’Amérique latine, ce qui développe un réservoir de chaleur, de vapeur, qui donne lieu à des orages, qui sont ensuite bloqués, au niveau de la cordillère des Andes. C’est pour cela que des pluies torrentielles se déversent en Colombie, en Équateur ou au Pérou »
Chloé Nabédian Météo France
Merci Chloé.
El Niño est un phénomène annuel récurent, en 2023 il nous a bien récuré. Lessivage des rues, rétamage des chemins, décapage des caféïers, ramonage des égouts.
Chemin gadouilleux jusqu’à l’haïssable, cape de pluie insupportable, frimas en altitude incompatible avec avec ma logitique… Mes plans de randos dont l’ascension du Tolima (5200m) sont litéralement tombés à l’eau.
À Léticia, Iquitos et le long du fleuve les draches ‘étaient plus attendu.
Amazonie, c’est la saison
Le long du plus long fleuve du monde la pluie se pose, la pluie s’impose, elle ponctue la journée, interrompt la nuit en claquant sur la tôle ondulée des toits de mes hostelitos. Le jour, lorsqu’elle choit, elle rafraîchit l’air ambiant, en allège le poids.
Par petites touches ou par seaux entiers, la pluie s’abat sans horaire mais sans surprise non plus. Nul besoin de consulter la météo ce matin, il va pleuvoir dans la journée
La pluie tropicale est tiède, ça la rend plus amicale. Au détriment de mon chapeau, je m’accommode bien des ondées furtives, une chemise, un short en polyamide ça sèche rapido.
Se protéger
Quand on ne sait pas, on pense qu’il faut se prémunir des intempéries, on achète un poncho-imper en plastic imaginant l’abri compétent. Erreur!
Par 35 degrés, ces capes sont des étuves, des saunas portables, on y transpire tant qu’on s’y retrouve en ébulition, plus ruisselant que sous l’averse.
Mouillé pour mouillé, j’endure draches et rincées jusqu’à une certaine intensité, avec la fréquence vient l’habitude puis l’insouciance, ça va sécher.
Les averses me poussent au café le temps que ça passe.Elles sont souvent de courtes durée.
En revanche, plus aléatoire, le déluge est plus difficile à gérer.
En ville, il peut être amusant de jouer avec les protections qu’offrent la rue, les auvents de boutiques, les balcons, les corniches avancées, ça ne dure qu’un temps.
Toute patience épuisée, je me jette dans la vague et très vite touche au « point douche », ce moment où, mouillé jusqu’au fond du slip, il ne reste qu’à se prendre pour Gene Kelly et taper fort dans les flaques jusqu’à la prochaine serviette éponge.
La pluie en ville déborde des rues malgrè les trottoirs démesurément haut… que les motos empruntent au mépris des gerbes d’eau qu’elles projettent sur ce qui reste de passant.
Éventuellement les égouts saturent, incapables de gérer, ils se font torrent, recrachent le pire, charient autant la fange que les rongeurs délogés de leur habitat.